Cabane ruban

Dans le cadre du concours 2026-2027 de cabanes organisé par la Villa Médicis à Rome, l'Atelier hug, Vanessa Bridier et Sébastien Marmonier s'associent pour proposer de déconstruire l'archétype de la cabane et revisiter notre rapport au monde, au fil des lectures de Baptiste Morizot, Raviver les braises du vivant et Liberté, égalité, habitabilité.

S'implanter dans le carré des orangers - Plan de situation
Parmi les 6 jardins proposés par le concours, nous faisons le choix d'implanter le projet de cabane dans le carré des Orangers, le plus contraint en termes d'espace disponible, mais aussi le plus riche en termes d'ombres et de végétation.

Une insertion discrète du projet au sein du carré des orangers - Plan masse 1/300ème
Le choix du carré des Orangers a orienté très tôt la conception de la cabane vers un modèle linéaire, étiré, en bande... avec l'intention de s'insérer discrètement, avec douceur, au coeur de ce jardin. La cabane ruban ne cherche pas à à s'imposer au jardin mais à révéler le jardin.

Une silhouette composée d'éléments du quotidien à retrouver - Elévation 1/100ème
Cabane décomposée, dépliée, proposant ou suggérant des éléments d'usage du quotidien : banc, table, chaise longue, portique, jeux pour enfants... Cette cabane n’est pas un objet posé dans le paysage, c'est une invitation à habiter le paysage, à déplacer le corps pour déplacer la perception. Se promener à l'ombre des arbres, s'arrêter, s'allonger, se restaurer.

Recherche d'écriture linéaire graphique à partir de motifs de la Renaissance italienne
Pour trouver une écriture graphique linéaire, nous avons puisé dans les motifs de la Renaissance italienne, mélant des formes géométriques pures et des formes végétales. Considérant que les Orangers présents apportaient la forme végétale, nous avons focalisé la ligne de la cabane en formes géométriques pures.

Juxtaposition des plans des Orangers et de la silhouette de la cabane
La juxtaposition des silhouettes d'arbres à la géométrie tranchée de la cabane permet de retrouver de manière suggérée, en fonction des points de vue, des motifs types de la Renaissance italienne, agissant comme une invitation visuelle à rentrer dans le jardin. Est-ce une silhouette urbaine ? Un électrocardiogramme géant ? La ligne blanche de l'Alinéa ? Chaque visiteur y trouvera sans doute une lecture qui lui est propre. La cabane ruban est une manière de regarder, de traverser, d’habiter temporairement le monde. La cabane ruban propose sa propre manière d’habiter : non pas s’abriter du monde, mais habiter le monde.

Une continuité visuelle et materielle
Réalisée en panneau 3 plis de type FineLine, les assemblages des bois assurent une continuité visuelle et matérielle pour renforcer la linéarité de la cabane, tel un ruban déplié au sol. La cabane ruban est une construction déconstruite, une architecture dépliée qui s’étire comme une phrase : un geste continu, souple, vivant invoquant la calligraphie d’une langue oubliée. La cabane ruban n’est pas un objet fermé, identifiable, mais une présence discrète, presque une trace. Une phrase tracée dans le jardin. Une topographie scripturale. Une morphologie qui se lit autant qu’elle se parcourt.

Principe constructif
Les panneaux reposent sur une structure en bois, composée de bastaings en bois de sapin/épicéa de section 145x45mm, disposés selon une trame régulière et légère et doublés pour les éléments horizontaux ou obliques, afin de renforcer leur résistance mécanique. Cette structure est renforcée par un jeu d’entretoises et de contreventement réalisés dans le même matériau. Les assemblages des bois sont réalisés par ténon-mortaise et vis bouchonnées, apportant une forte résistance et une invisibilité n’interférant pas avec la continuité matérielle recherchée. De même, les panneaux de 3 plis sont fixés sur les bois par le même système. Ce système constructif permet une mise en œuvre simple, démontable, et adaptée aux contraintes du jardin.


Deux temporalités pour une architecture imaginée pour l'ensemble des vivants
Le jour, elle accueille les visiteurs; le soir, ses habitants silencieux réinvestissent les interstices. Avec la cabane ruban, ce n’est pas la construction qui protège, c’est le jardin qui abrite. On n’entre pas dans la cabane : on habite le jardin grâce à elle. Ce n'est pas une cabane où l’on entre, mais une cabane que l’on parcourt. Dans cette perspective, le projet s’inscrit dans une logique de continuité plutôt que d’occupation, de promenade plutôt que de destination, de présence plutôt que de construction.
Réalisation de la maquette


Equipe
Vanessa Bridier, architecte
Eric Bonneville, architecte
Sébastien Marmonier, menuisier modeleur et son équipe !
Matériaux & quantitatif
31 bastaings de bois d'ossature en sapin/épicéa de 6000x145x45mm
60m² de panneaux 3 plis épicéa Fineline, certifié PEFC
2000 vis de structure 120
2000 vis de terrasse 60
800 ténons
et... 8 ballons de yoga
Coût
Matériaux & main d'oeuvre : 25.193€













